Comment sont gérées les installations en fin de vie ?

Julien Bouron/ mars 13, 2017/ / 0 comments

Les installations en fin de vie peuvent être soit démantelées, soit prolongées en renouvelant les panneaux photovoltaïques et les onduleurs. En cas de démantèlement, les câbles, structures supports… doivent suivre le parcours classique de traitement des déchets via les déchetteries. Le recyclage des vieux panneaux et des onduleurs est spécifié par les législations en vigueur.

La législation européenne en matière de gestion des déchets s’appuie essentiellement sur :

  • la directive cadre sur les déchets 2008/98/CE.

  • la directive 2011/65/CE relative aux exigences d’écoconception des produits liés à l’énergie,

  • la directive 2002/95/CE dite RoHS limitant l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques,

  • les règlements européens 2006/1013/CE et 2007/1014/CE concernant le transfert de déchets.

  • la directive 2002/96/CE, revue en 2012, dite DEEE (ou D3E) relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques. Les fabricants de panneaux photovoltaïques et d’onduleurs doivent désormais réaliser à leur frais les obligations de collecte et de recyclage des panneaux.

En France, la D3E a été spécifiée par le Décret d’application du 23 Août 2014. Les pouvoirs publics ont agréé un seul éco-organisme PV Cycle responsable pour la période 2015-2020 de la collecte et du traitement des panneaux photovoltaïques usagés (mais pas du démantèlement). Chaque installateur ou producteur de panneaux se doit de déclarer les panneaux introduits sur le marché et de s’acquitter d’une éco-participation qui financera le recyclage. PV Cycle accepte tous les panneaux en provenance du marché français, quel(les) que soi(en)t leur(s) marque(s) ou leur(s) technologie(s).

PV Cycle a mis en place un système de collecte : pour plus de 40 panneaux, un enlèvement sur site est possible / pour moins de 40 panneaux, ils doivent être déposés dans les points d’apport volontaire (ex : Photovolt à Carquefou (44)…).

PV Cycle traiterait actuellement 85 % du marché et travaillerait à identifier les non contributeurs.

Le retraitement se fait aujourd’hui en Belgique et en Allemagne. En effet compte-tenu du développement récent des installations photovoltaïques en France, les quantités à traiter sont encore faibles. Pour chaque technologie existante de panneau solaire un retraitement particulier est adapté.

Pour les panneaux solaires les plus courants à base de silicium, le taux moyen de recyclage est de 90 %. Chaque tonne de ces panneaux recyclés équivaut à 1,2 tonne de CO2 sauvée. Pour les autres technologies sans silicium le rendement monte à 98 %. Globalement les rendements de recyclage sont de 70 % dans l’industrie de l’électronique, les panneaux solaires offrent donc de très bons rendements.

Une grande partie du retraitement se fait mécaniquement (démontage, broyage, tri densimétrique ou électromagnétique…), puis des procédés métallurgiques ou chimiques sont mis en œuvre pour les métaux rares. Ils permettent de récupérer presque tous les composants du panneau : verre, aluminium, tellurure de cadmium (CdTe), plastiques, argent, cuivre, gallium, indium, sélénium, zinc, étain, dioxyde de silicium…

Globalement seuls certains plastiques enveloppant la cellule (EVA) ne sont pas actuellement recyclables. Ils sont le plus généralement envoyés en centre d’enfouissement ou usine de valorisation énergétique.

On peut imaginer le retraitement du photovoltaïque directement en France d’ici une dizaine d’années, avec le développement du marché

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